Mes conso du mois – Juillet 2026
Ce mois-ci, je change un peu le type de conso ! Je ne présente pas des contenus qui parlent de généalogie et d’Histoire mais d’écriture et d’intelligence artificielle. J’avoue que ces thèmes me trottaient dans la tête depuis un moment ! Entre les vidéos sur les réseaux sociaux qui nous incitent à donner nos informations personnelles à « ChatGPT peut faire leur arbre généalogique à leur place » (spoiler : non, et je t’explique pourquoi plus bas), mes propres questionnements sur ce qu’on tait dans nos familles, et mon envie de t’encourager à écrire malgré tout, j’avais envie de partager ces trois contenus qui m’ont fait réfléchir !
Un article qui m’a bouleversée sur le silence des enfants placés
Je commence par la ressource la plus dense, mais aussi la plus riche : un article de recherche de Sarra Chaïeb, publié dans la Revue des sciences sociales, sur les usages du silence en protection de l’enfance.
L’autrice a mené une recherche de plusieurs années auprès de professionnel·le·s et surtout auprès de personnes qui ont grandi en institution (dans des structures historiquement religieuses, l’une juive, l’autre catholique). Et ce qu’elle montre m’a beaucoup touchée : le silence n’est pas toujours subi. Beaucoup d’enfants placés racontent avoir vécu leur entrée en institution comme un moment de silence brutal, sans explication, mais certains, à l’inverse, ont fait du silence une stratégie, un outil pour échapper aux regards et aux étiquettes qu’on voulait leur coller.
Mon conseil : si dans ta généalogie, tu tombes sur un ancêtre qui a été placé (Assistance publique, œuvres religieuses, orphelinat), ne pars pas du principe que c’est « juste un trou » dans l’arbre. C’est souvent une histoire entière, faite de silences construits, qu’il est possible de reconstituer en partie via les archives de l’Aide sociale à l’enfance de ton département, l’accès est encadré, mais les descendants peuvent en faire la demande.
👉 Lire l’article complet sur OpenEdition
Comprendre ChatGPT avant de lui confier votre histoire familiale
Deuxième découverte, beaucoup plus légère dans la forme : une vidéo YouTube toute simple, sans jargon, qui explique comment fonctionne ChatGPT. Rien de révolutionnaire dans le contenu (si tu suis un peu l’actualité de l’IA) mais je la trouve idéale à partager avec un·e proche qui n’y connaît rien et qui a peur (ou au contraire, qui fait une confiance aveugle à ces outils).
Et c’est exactement là que je veux insister, parce que ça me tient à cœur : demander à une IA de faire tes recherches généalogiques à ta place est une aberration. La vidéo prend le temps d’expliquer trois failles qui, mises bout à bout, devraient te faire réfléchir avant de tout confier à un chatbot :
- Les biais : j’en parle souvent ici (sur le blog et sur les réseaux sociaux), une IA reproduit les biais présents dans les données sur lesquelles elle a été entraînée. Rien de neutre là-dedans.
- Les hallucinations : un modèle de langage ne « sait » rien avec certitude, il génère la suite de mots la plus probable. Appliqué à la généalogie, ça veut dire qu’il peut inventer une date de naissance, un lieu, un lien de parenté, avec un aplomb qui n’a rien à voir avec la réalité des actes.
- Les connaissances statiques : c’est peut-être le point le plus important pour nous. Quand une IA « trouve » un arbre généalogique, elle ne fait pas de recherche originale dans les archives : elle va simplement piocher dans des arbres déjà publiés en ligne (possiblement bourrés d’erreurs recopiées d’arbre en arbre) et les ressert sans les vérifier.
Mon expérience : j’utilise l’IA pour reformuler un paragraphe, structurer une idée, ou m’aider à me documenter sur l’Histoire (en lui demandant ses sources que je vérifie toujours). Jamais pour « retrouver » un ancêtre ou « compléter » une branche que je n’ai pas vérifiée moi-même dans les archives.
👉 Voir la vidéo « Comment fonctionne ChatGPT ? »
La méthode (gratuite) de Fabien Olicard pour enfin écrire son livre
Et pour finir sur une note motivante : une vidéo de Fabien Olicard sur sa méthode pour écrire un livre. J’aime beaucoup son ton : du bon sens, pas de recette miracle, mais surtout beaucoup d’encouragement et de bienveillance envers celles et ceux qui n’ont jamais écrit « sérieusement ».
Son message central, c’est que mieux vaut une phrase imparfaite chaque jour qu’un livre parfait jamais commencé. Et franchement, si tu me suis depuis un moment, tu sais que c’est exactement ce que je répète sans cesse à propos des livres de famille : on n’a pas besoin d’être écrivain·e pour raconter son histoire, on a juste besoin de commencer.
Mon conseil : tu peux appliquer sa méthode d’organisation (petits objectifs, régularité, indulgence totale sur le premier jet) à ton récit de vie ou à ton livre de famille. Une anecdote par jour, une photo commentée par semaine, l’essentiel, c’est d’avancer, pas d’être parfait·e.
👉 Voir la vidéo de Fabien Olicard
Et toi, tu en penses quoi ?
Ce mois-ci, ces trois contenus m’ont fait réfléchir à un même fil rouge : nos histoires familiales sont pleines de silences, et ce n’est ni une IA ni personne d’autre que nous qui peut vraiment les combler, seulement nos recherches, nos souvenirs, et le courage de les écrire, même imparfaitement.
Et toi, est-ce que tu utilises l’IA dans tes recherches généalogiques ou dans l’écriture de ton livre de famille ? Dis-moi en commentaire comment tu t’y prends, j’adore lire vos expériences ! 💬
2 commentaires
Par : Hélène | Le 30 juillet 2026 à 20h28
J’ai des ancetres voyageurs et je demande à l IA quelles étaient, au moment où ils y sont allés, l économie et la démographie des villes. S il y avait beaucoup d’immigrés et de quelle nationalité ou de quelle région françaises, aussi certains quartiers, italiens bien sûr, pour Marseille. Ça c’est très intéressant. Par contre, ça, je ne vérifie pas. Et je ne saurais pas où le faire.
Par : Célia de Généalordi | Le 30 juillet 2026 à 20h41
Hello ! C’est une bonne utilisation que tu as là de l’IA ! Pour vérifier tes recherches, tu peux lui demander ses sources tout simplement, elle va te donner les sites ou les livres sur lesquels elle se base pour te repondre. Ainsi tu peux aller vérifier si elle retransmet bien les informations 😉
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