F comme Fiche ancêtre : mon outil préféré pour faire le point sur mes recherches… et préparer mon livre de famille

Sixième lettre du Challenge AZ, et aujourd’hui je t’ouvre les coulisses de ma méthode de travail avec la lettre F comme Fiche ancêtre.

Quand on a des centaines de personnes dans son arbre, on finit vite par se perdre. Qu’est-ce que j’ai trouvé sur cette arrière-arrière-grand-mère ? Est-ce que j’ai son acte de décès ? Et ce mariage, il est sourcé ou je l’ai noté « de mémoire » ? Et le jour où on décide d’écrire son livre de famille, une autre question arrive : qu’est-ce que je vais raconter sur elle ?

Pour répondre à tout ça, j’utilise un outil tout simple : la fiche ancêtre, ou plutôt deux fiches, qui n’ont pas le même rôle. Dans cet article, je t’explique comment je m’en sers pour mes recherches, puis comment je la transforme en outil d’écriture dans Notion pour préparer mon livre de famille. C’est parti !

C’est quoi, une fiche ancêtre ?

Une fiche ancêtre (on parle aussi de fiche individuelle ou de fiche familiale), c’est un document qui rassemble tout ce que tu sais sur une personne en un seul endroit :

C’est un peu la carte d’identité généalogique de ton ancêtre. Et bonne nouvelle : tu n’as pas forcément besoin de la créer à la main !

Étape 1 : la fiche générée par ton logiciel de généalogie

Mon point de départ : Généatique

Personnellement, je travaille avec Généatique, qui permet de générer une fiche pour une personne ou pour une famille, à partir des données saisies dans mon arbre. Mais la plupart des logiciels de généalogie proposent une fonctionnalité équivalente : Heredis, Ancestris, Gramps… Cherche du côté des fiches, rapports ou documents dans ton logiciel.

Pourquoi je repars toujours de cette fiche

Chaque fois que je me concentre sur une personne ou une famille, je commence par générer sa fiche. Pourquoi ? Parce qu’elle me montre deux choses en un coup d’œil :

Les cases vides de la fiche, ce sont tes prochaines pistes de recherche. Pas de date de décès ? Il faut chercher l’acte. Un mariage sans source ? Il faut retrouver le registre. Des enfants sans date de naissance ? Il y a peut-être des frères et sœurs que tu ne connais pas encore.

Exemple : la fiche de Jeanne Martin me montre une naissance en 1842 à Rodez, un mariage en 1865… et puis plus rien. Pas de décès, pas de recensement après 1872. Ma liste de recherches pour la prochaine session est toute trouvée !

Lire sa fiche comme une liste de tâches

Voici les questions que je me pose devant chaque fiche :

Ma pratique : j’imprime la fiche en PDF avant ma session de recherche, et je l’annote au fur et à mesure. À la fin, je mets à jour mon logiciel et je génère une nouvelle fiche lors de ma prochaine session : je vois ainsi mes progrès noir sur blanc !

Étape 2 : la fiche ancêtre « d’écriture » dans Notion

Le logiciel de généalogie, c’est parfait pour les faits. Mais quand je commence à écrire mon livre de famille, j’ai besoin d’autre chose : un espace pour réfléchir, rassembler mes idées, et décider de ce que je vais raconter. C’est là que j’utilise Notion, un outil de prise de notes très souple, dans lequel je crée une fiche par ancêtre que je vais raconter. (Si tu veux, je te parle de Notion dans cet article et dans celui-ci !)

Ce que contient ma fiche Notion

Voici la structure que j’utilise, que tu peux adapter à ta façon :

Les informations clés
Un résumé rapide : dates, lieux, parents, conjoint·e, enfants. Pas besoin de tout recopier, le logiciel de généalogie reste ta référence.

Mes recherches et sources
Les actes trouvés, avec leur cote et le lien vers l’image en ligne. Les documents complémentaires : registres matricules, actes notariés, articles de presse, photos.

Le contexte
L’histoire du village, le métier, l’époque, les événements qui ont pu marquer sa vie (une guerre, une épidémie, l’arrivée du chemin de fer…). C’est ce qui permet de passer d’une liste de dates à un vrai récit.

Les souvenirs et témoignages
Ce que m’ont raconté mes proches, les anecdotes familiales, les expressions, les surnoms. (Je t’expliquerai comment les recueillir dans la lettre I !)

Ce que je vais raconter
L’angle que je choisis pour cette personne, la scène par laquelle je veux commencer, le chapitre où elle apparaîtra, les émotions que je veux transmettre.

Ce que je sais… mais que je choisis de taire
Oui, cette section existe dans ma fiche ! Et elle est essentielle. On en parle juste en dessous.

Mes questions en suspens
Ce que je ne sais pas encore, les hypothèses à vérifier, les pistes à creuser.

Les propriétés pour s’y retrouver

L’avantage de Notion, c’est que tes fiches peuvent former une base de données. Tu peux alors ajouter à chaque fiche quelques propriétés pour trier et filtrer :

Exemple : en un clic, j’affiche toutes les fiches « prêt à écrire » de la branche maternelle. Je sais exactement par où commencer ma prochaine séance d’écriture !

Ce qu’on raconte… et ce qu’on choisit de taire

C’est sans doute la partie la plus délicate quand on écrit un livre de famille. Au fil des recherches, on découvre parfois des choses difficiles : un enfant né hors mariage, une condamnation, un internement, une adoption, un conflit familial, une maladie…

Faut-il tout raconter ? Il n’y a pas de bonne réponse universelle ! Mais je trouve précieux d’avoir un endroit où noter ces informations, et réfléchir à ce que j’en fais, plutôt que de décider dans l’urgence au moment d’écrire.

Pour chaque élément sensible, je me pose quelques questions :

Garder une trace de ce qu’on tait, ce n’est pas cacher : c’est faire un choix conscient, et garder la possibilité de le transmettre autrement, plus tard, à la bonne personne.

Mon conseil : Notion est un outil en ligne, tes notes sont donc stockées sur ses serveurs. Pour les informations les plus sensibles, surtout si elles concernent des personnes vivantes, reste sobre dans ce que tu y écris, ou garde ces notes dans un document sur ton ordinateur.

Et si tu n’utilises pas Notion ?

Pas de panique ! L’important, c’est la structure de la fiche, pas l’outil. Tu peux tout à fait créer ta fiche d’écriture :

Mon conseil : quel que soit l’outil choisi, garde la même structure pour toutes tes fiches. Tu t’y retrouveras beaucoup plus vite, et tu verras d’un seul coup d’œil quelles sections sont encore vides.

Ce qu’il faut retenir

Deux fiches, deux usages : l’une pour chercher, l’autre pour raconter. Et entre les deux, tout le chemin qui transforme un ancêtre en personnage de ton histoire familiale !

Et toi, tu utilises des fiches ancêtres ? Plutôt dans ton logiciel de généalogie, dans un outil comme Notion, ou sur papier ? Raconte-moi ta méthode en commentaire… et rendez-vous demain pour la lettre G ! 🔤